«Se libérer de sa peur». Le travail de mémoire et de vie
Memory work est une approche flexible qui peut être développée et évoluer en continu au fil du travail concret. A cet égard, il est essentiel que, dans les différents contextes, les participant-e-s mettent l’accent sur le partage, la guérison et le développement de leurs propres forces et de leur confiance en soi. C’est une leçon tirée d’un atelier sur le Memory Work au Haïti.
L’atelier au Haïti a été organisé par Action Aid Internationale Haïti République Dominicaine. Rose-Anne August, Conseillère VIH et sida, a entendu de l’approche Memory Work à l’occasion d’un atelier de la Direction de Dévelopement et Cooperation Suisse (DDC) où le toolkit memory work d’aidsfocus.ch a été presenté. Inspiré par les possibilités de cette approche, elle a invité la coordinatrice d’ aidsfocus.ch pour faciliter un workshop sur les méthodes du travail de mémoire.
La plupart des participant-e-s de l’atelier - 22 femmes et 3 hommes - étaient elles-mêmes séropositives. Celles qui ne l’étaient pas avaient perdu une personne proche à cause du sida. Toutes étaient actives dans divers groupes ou organisations de soutien aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et avaient déjà mené des actions en commun. Elles étaient donc à la fois directement concernées et multiplicatrices potentielles. En tant que personnes directement concernées, les participant-e-s devaient être accompagnés dans le processus du travail de mémoire. Comme multiplicatrices et multiplicateurs qui allaient transmettre la méthode à d’autres personnes, les participant-e-s devaient se familiariser avec le plus grand nombre possible d’exercices parmi ceux présentés.
« --- où on peut se souvenir et oser espérer »
Avec le travail de mémoire, il s’agit moins de produire un livre que d’entrer dans un processus. En passant sa vie en revue et en faisant le récit, elle/il apprent à accepter sa situation, son statut et sa maladie. Il faut amener chacun/e à trouver ses propres potentiels, capacités, connaissances et talents pour faire face aux défis suscités par le VIH et concevoir son avenir d’une manière positive.
Se souvenir est un processus très émotionnel qui peut rouvrir d’anciennes blessures. L’instauration d’un espace sûr et d’un climat de confiance mutuelle est cruciale pour le travail de mémoire et de vie; elle en est aussi bien le fondement que l’objectif. Jonathan Morgan a définit Memory Work comme « créer un espace où les participant-e-s peuvent parler de leurs sentiments et les partager, se souvenir et, ainsi, oser espérer ».
Le travail de fabrication de livres de mémoire est en lui-même propice à créer un tel espace. Le dessin et l’écriture aident à externaliser les problèmes. A travers l’écoute, l’approfondissement et l’analyse bienveillantes, la vie d’une personne devient une histoire qui peut être racontée. (par Helena Zweifel)
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